Comment analyser… une psychothérapie!

Vous avez déjà consulté un psy et vous n’avez pas été satisfait? Ou, au contraire, vous avez été très satisfait? Dans un cas comme dans l’autre, que s’est-il passé? Laissez-moi vous présenter quatre points qui vous permettront d’analyser votre psychothérapie passée, actuelle ou future.

Premier point : mon psy me comprend

Un ingrédient de base du succès d’une psychothérapie : la capacité de votre psy à saisir votre situation, votre problème. Si vous n’avez pas l’impression qu’il vous comprend, vous n’aurez pas le goût de vous engager dans un processus de thérapie. Le psy devrait vous démontrer qu’il vous comprend en reformulant et en résumant ce que vous lui décrivez.

Deuxième point : on s’entend sur l’objectif à atteindre 

Non seulement le professionnel doit vous comprendre, mais aussi, il est important que vous vous entendiez sur l’objectif de thérapie. Si votre psy estime qu’il faut travailler sur tel aspect, alors que vous voulez travailler un autre, vous ne poursuivrez sûrement pas longtemps votre thérapie. En situation de désaccord sur l’objectif, je vous encourage à en discuter avec votre thérapeute. Soit vous en viendrez à vous entendre sur un but ou bien vous vous entendrez sur le fait que vous n’arrivez pas à vous entendre! L’important, c’est que les choses soient claires. En cas de désaccord sur l’objectif, vous seriez mieux de consulter quelqu’un d’autre.

Troisième point : on s’entend sur les moyens 

Une fois que le psy et son client ont fixé « la destination », encore faut-il déterminer les moyens pour s’y rendre. L’idéal, c’est de parvenir à un consensus sur ce point. Néanmoins, une divergence d’opinion peut survenir.  Laissez-moi vous raconter deux exemples cliniques.

La cliente, que nous appellerons Janie (pseudonyme), avait été traumatisée par un vol survenu à son domicile alors qu’elle était en voyage. Elle présentait des symptômes de stress post-traumatique depuis cet incident : difficulté de sommeil, peur de se faire voler à nouveau, souvenirs de la maison cambriolée, etc. De plus, cet événement avait réveillé en elle un souvenir traumatique de son enfance : un abus sexuel. L’invasion de son domicile et l’abus sexuel avaient comme point commun l’aspect d’intrusion. J’estimais que pour atteindre l’objectif de thérapie, il serait important de travailler, entre autres, sur le traumatisme de l’enfance. Or la cliente ne voulait pas ouvrir ce « tiroir fermé à clé ». J’ai respecté sa décision et lui suggéré des psychologues pouvant l’aider par d’autres moyens. À mon avis, il aurait été contreproductif d’entamer une psychothérapie sans être d’accord sur le moyen à prendre pour régler la difficulté psychologique.

Autre exemple : une cliente, Marianne (pseudonyme), voulait traiter un blocage au moyen de l’hypnose. De mon côté, j’estimais que ce n’était pas la technique qui lui offrirait les meilleurs résultats pour le type de problème dont elle souffrait. Néanmoins, elle TENAIT à l’hypnose comme moyen d’intervention. Vu l’absence de consensus sur le moyen, je lui ai alors recommandé les services de collègues spécialisés en hypnose.

Quatrième point: on avance!

Si les résultats tardent à venir, les clients décrochent de la thérapie et y mettent fin. En effet, après environ quatre séances sans progrès, le client est susceptible de remettre en question la thérapie – et c’est tout à fait légitime! Le thérapeute a intérêt à corriger le tir, comme on dit, si l’approche utilisée ne donne pas les résultats escomptés. Il gagne aussi à se doter d’outils variés, sans quoi il risque de perdre des clients en chemin. Tant que le client a le sentiment d’avancer, il est susceptible de s’engager dans le processus de thérapie.

Si vous avez l’impression de ne pas progresser, parlez-en avec votre psychothérapeute. Vos commentaires pourront l’aider à adapter la thérapie. D’autre part, il pourrait normaliser l’absence de résultat à court terme. En effet, certains problèmes exigent plusieurs séances. Par exemple, il serait irréaliste de vouloir résoudre un problème de confiance en soi en trois séances quand on été dénigré, dévalorisé et intimidé pendant son enfance et son adolescence… Quoi qu’il soit, je vous recommande d’oser discuter de la progression de la thérapie avec votre psy.  

En conclusion

Je vous ai présenté quatre aspects à considérer dans l’analyse d’une psychothérapie passée, actuelle ou future : 1) le psy me comprend, 2) on a un consensus sur l’objectif à atteindre, 3) on a un consensus sur les moyens à prendre et 4) il y a des progrès par rapport à l’objectif fixé. Heureusement, de plus en plus de psychologues et psychothérapeutes, sensibilisés à l’importance de ces éléments, en discutent avec leurs clients. De votre côté, n’hésitez pas non plus à en parler avec votre thérapeute. Le succès de votre thérapie en dépend!

Stéphane Migneault
Psychologue, auteur et conférencier

Stéphane Migneault

Stéphane Migneault est psychologue. Il pratique la psychothérapie en bureau privé à Québec. Désireux de contribuer à la prévention des problèmes de santé psychologique, il anime des conférences et ateliers en entreprises, des colloques et des congrès. Il offre aussi de la formation et de la supervision clinique à des professionnels de la santé mentale (psychologues, travailleurs sociaux, sexologues, psychoéducateurs, etc.). Enfin, il a collaboré à l’écriture de deux ouvrages collectifs : Fibromyalgie, quand tu nous tiens! et Fibromyalgie : carnets pratiques. Vous pouvez le suivre sur Facebook et sur LinkedIn. Comme conférencier et auteur, il est apprécié pour sa simplicité, son professionnalisme et l’utilité de ses conseils.

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