Exemples cliniques

Exemple clinique 1 : Martine et sa peur de mourir sur la table d’opération

Il y a quelques années, une de mes clientes, Martine, m’annonça qu’elle se ferait bientôt enlever une pierre au foie. Elle me confia ceci : « Je sais que c’est irrationnel, mais j’ai peur de mourir sur la table d’opération. » Je lui proposai alors l’EMT comme méthode d’intervention. Malgré l’aspect avant-gardiste de la technique, la cliente se montra disposée à l’essayer.

Je procédai donc à une séance d’EMT. Au cours de l’exercice, le stress de Martine passa progressivement de 10 à 8/10, puis de 8 à 6/10, et de 6 à 1/10. En outre, des pensées rationnelles et optimistes surgirent de sa psyché : « Ça me dit que je ne mourrai pas sur la table d’opération », « Je ne suis pas la première opérée pour une pierre au foie… C’est juste une pierre, c’n’est pas plus grave que ça… », « Je serai bien entourée par une équipe médicale ». En aucun temps je ne lui suggérai ces affirmations. Au total, une trentaine de minutes suffirent.

Quelques jours après l’opération, je fis un suivi téléphonique. Martine affirma ne pas avoir été préoccupée par l’opération après notre rendez-vous. Elle ajouta ceci : « Je me suis sentie stressée seulement quelques minutes avant l’opération, mais pas au point de paniquer ». Je ne plus que me réjouir avec elle de l’efficacité de l’EMT.

Exemple clinique 2: Marise et ses inquiétudes à l’égard de son fils de 26 ans

L’exemple clinique suivant montre comment l’EMT, une technique de plus en plus utilisée en thérapie brève, peut s’avérer utile et efficace en psychothérapie pour aider des parents qui s’inquiètent pour leurs enfants, petits ou grands…

Marise, une professionnelle de la santé, me consulta un jour parce qu’elle se sentait coupable par rapport à la situation de son fils de 26 ans : « Il passe beaucoup d’heures à jouer seul à des jeux vidéo. Il ne fait pas d’exercice physique. Il consomme de la marijuana. Il voit peu d’amis. » Comme elle travaillait dans le milieu de la santé, elle avait constaté, chez ses patients, les répercussions des mauvaises habitudes de vie. Elle exposa une autre source d’inquiétude. Son fils n’avait qu’un diplôme de secondaire 5 en poche. Elle craignait qu’il se retrouve un jour ou l’autre dans un emploi éreintant, peu satisfaisant et peu payant. Je proposai à ma cliente qu’on utilise l’EMT afin de réduire ses inquiétudes au sujet de son fils. Elle était d’accord pour qu’on essaie cette technique somme toute avant-gardiste à ses yeux.

Cheminement de la cliente en une séance d'EMT :

À la séance suivante, j’invitai ma cliente à me faire part de sa plus grande inquiétude par rapport à son fils. Sa réponse fut claire et nette : « J’ai peur qu’il brise sa santé à cause de ses mauvaises habitudes de vie ». Le problème cible pour la séance d’EMT fut formulé ainsi : « S’il fallait que mon fils brise sa santé à cause de ses mauvaises habitudes de vie. » Ce scénario négatif suscitait chez Marise une angoisse modérée qu’elle estimait à 5 sur une échelle de 0 à 10. Sur le plan physique, elle ressentait un serrement à la gorge et, à la poitrine, une pression qui pulsait.

Au cours de la 1re série de tapping bilatéral, des scénarios négatifs lui virent spontanément à l’esprit. Elle imagina son fils, dans le futur, aux prises avec les problèmes de santé qu’il pourrait développer : un cancer de la gorge, une hernie discale, de l’anémie et de l’ostéoporose. Elle se dit : « Oui, et puis?! » Elle sentit un calme s’installer dans sa poitrine. Son angoisse n’avait pas diminué quant à elle.

Au cours de la 2e série de tapping, elle se mit à penser à la possibilité que son fils se retrouve un jour avec des déficits cognitifs. Elle pensa aussi au risque qu’il se blesse au travail, puisqu’il doit soulever des charges. Des pensées rationnelles commencèrent toutefois à émerger : « Il a une bonne santé actuellement. Ça ne veut pas dire qu’il aura des problèmes de santé. Moi aussi j’ai déjà eu de mauvaises habitudes de vie et je suis malgré tout en assez bonne santé aujourd’hui. Et si jamais il se blesse au travail, il aura accès à des soins grâce à ses assurances collectives. » Un scénario étonnant et positif lui vint ensuite à l’esprit : son fils se levant du lit et se prenant en main. Physiquement, elle se sentait mieux à la poitrine et à la gorge. Son angoisse avait diminué (4/10).

Au cours de la 3e série, elle se mit à penser à la possibilité qu’il souffre un jour d’anémie. Tout de suite, elle prit conscience qu’il n’avait pas « une hérédité pour ça ». Elle pensa ensuite à la possibilité qu’il ait un cancer de la gorge à cause de sa consommation de marijuana. Puis elle se souvint de personnes qui n’avaient pas souffert du cancer, malgré leurs mauvaises habitudes de vie. Enfin, elle ressentit la peur qu’il souffre d’ostéoporose un jour en raison de sa sédentarité. Son angoisse initiale continuait de diminuer (3-4/10).

Au cours de la 4e série, elle ressentit quelques instants un léger mal de tête. Elle pensa à la sédentarité de son fils et au fait que cette mauvaise habitude peut causer une faible densité osseuse. Elle imagina même son fils en train de perdre ses dents. « Je n’ai jamais abordé ce sujet avec lui, se dit-elle. Je devrais lui en parler à un moment approprié. » Son angoisse s’atténua encore (3/10).

La 5e série permit de faire émerger d’autres informations. Elle se rappela qu’il avait l’air somme toute heureux et en assez bonne santé depuis plusieurs mois. Elle pensa ensuite aux personnes âgées en santé qui ont pu avoir de mauvaises habitudes de vie dans le passé. Elle pensa ensuite à son voisin qui ne s’en faisait pas outre mesure pour sa fille qui néglige, elle aussi, sa santé. Marise fut ensuite étonnée d’imaginer son fils dans dix ans, en santé comme d’autres personnes du même âge. Elle nota de la légèreté dans son corps. Son angoisse avait encore diminué.

Au cours de la 6e série, un autre scénario positif lui vint à l’esprit. Elle voyait son fils de bonne humeur, à bord de son véhicule de livraison. Elle l’imagina rentrer chez lui et profiter d’un repas acheté en chemin. La possibilité qu’il développe un cancer lui effleura à nouveau son esprit. Une pensée stoppa ce scénario : « Ce dossier-là, tu l’as classé il y a quelques minutes! Les fumeurs ne se retrouvent pas tous avec un cancer. » Son angoisse, estimait-elle, était à une intensité de 1-2/10.

Nous fîmes une dernière série de tapping en lien avec le problème cible. Ma cliente prit conscience que son fils ne fumait pas de la marijuana tous les jours et que sa consommation ne semblait pas nuire à son rendement au travail. Elle se sentait physiquement bien. L’angoisse était passée à une intensité de 1 sur 10.

Je fis avec Marise un bilan de la séance d’EMT. Elle constata plusieurs changements en elle : « Je me sens plus légère maintenant. J’ai pu régler des questionnements. Chose surprenante, j’ai eu de belles images associées à mon fils : lui de bonne humeur, en santé, occupant un travail qu’il aime dans les faits. » La cliente repartit avec le sentiment que ses prochaines interactions avec son fils seraient davantage plaisantes, puisqu’elle était maintenant plus dégagée émotionnellement.

Je revis Marise deux semaines plus tard. Elle rapporta ne pas s’être tracassée au sujet de la santé de son fils. Elle avait revu son fils à l’occasion d’un souper et s’était sentie bien et décontractée. Wow!

Le problème cible de la précédente séance étant bien résolu, nous pûmes alors nous attaquer à une autre préoccupation de ma cliente… avec l’EMT!

Exemple clinique 3 : Nicolas, un ambulancier qui a peur d’échouer

Nicolas est un ambulancier âgé de 40 ans. Il est en arrêt de travail depuis un an à cause d’un état de stress post-traumatique. Ce trouble a été traité avec succès durant les dernières semaines. Sa santé psychologique s’améliore, et il commence de plus en plus à envisager un retour au travail. Il éprouve cependant une crainte envahissante face à l'avenir: celle ne pas réussir la mise à niveau qui lui sera sans doute exigée lors du retour au travail. Afin de réduire cette peur, je propose au client une technique aussi avant-gardiste et qu’efficace : l’EMT.

Cheminement du client

Le client et moi avons formulé le problème cible comme suit : « S’il fallait que je ne réussisse pas la mise à niveau lors du retour au travail. »  Ce scénario suscitait en lui de la peur qu’il évaluait à 8 sur 10 en intensité; dans son corps, il ressentait une tension générale.

Au cours de la 1re série de tapping bilatéral, il a ressenti du stress et de la peine. Il s’est vu en formation, pratiquer sur des mannequins. Physiquement, il a ressenti quelques palpitations.  Au terme de cette première série, son stress était aussi intense qu’au début.

Pendant la 2e série, il a ressenti du stress. « Ça a brassé dans le ventre », a-t-il ajouté. L’image de lui, au travail, est devenue plus floue, plus vague dans son esprit. Aussi, une pensée a monté à sa conscience : « Ça n’arrivera pas (échouer la mise à niveau)! » Sa peur avait commencé à diminuer. Nicolas l’évaluait intense à 5 sur 10.

Au cours de la 3e série, il a eu la même sensation dans le ventre, mais atténuée. Une pensée lui est venue à l’esprit : « Si je ne réussis pas la mise à niveau, il ne sera jamais trop tard pour faire autre chose (changer d’emploi). » Une autre pensée a suivi : « Mais ça n’arrivera pas (un échec). ». Sa peur avait encore diminué : 2,5 sur 10.

Pendant la 4e série, de nouvelles pensées ont surgi : « C’est peu probable que j’échoue à la mise à niveau. J’ai toujours réussi mes examens. Je n’ai jamais reçu de plaintes. Je n’ai jamais fait de dérogations à des protocoles. » Sa sensation au ventre était faible en intensité. La peur s’était presque évaporée : 0,5 sur 10.

Avec l’accord du client, nous avons effectué une 5e et dernière série. Au cours de celle-ci, une question lui est venue en tête : « Mais pourquoi ai-je eu cette idée que je ne serais pas capable? Je ne suis pas négatif d’habitude ni défaitiste devant les défis. » Sa peur se situait en intensité autour de 0 et 0,5.

Nous avons effectué un bilan de la séance d’EMT. Nicolas constatait dans son esprit l’adoption d’une perspective plus positive qu’au début par rapport à la mise à niveau à venir. Il était convaincu qu’elle se déroulerait bien. Il voyait que sa peur s’était dissipée. Il avait à présent confiance de pouvoir faire face à son retour au travail.

J’ai demandé au client avec quelle pensée il aimerait conclure la séance. Il a dit : « La mise à niveau va bien aller. » Je lui ai suggéré une version modifiée : « Je vais réussir la mise à niveau ». Il était pleinement d’accord. J’ai exécuté une courte série de tapping pendant laquelle il se concentrait sur cette pensée positive. Il est reparti de la séance calme, satisfait et libéré d’une appréhension qui l’empêchait de bien profiter de son arrêt de travail.

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