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 FAUT-IL PORTER LE TITRE DE PSYCHOTHÉRAPEUTE
POUR UTILISER L’EMT?

 

Plusieurs professionnels de la santé mentale qui ne portent pas le titre de psychothérapeute se demandent s’ils peuvent suivre la formation sur l’EMT et utiliser cette technique. Voici quelques éléments de réponse.

On pourrait penser que l’utilisation de l’EMT représente d’emblée un acte de psychothérapie. L’une des raisons est que cette méthode entraîne des changements significatifs sur le plan des pensées, des émotions et des comportements. Ces éléments font notamment partie de la définition de la psychothérapie, telle que formulée dans la Loi 21. Cependant, ce n’est pas parce que l’EMT produit de tels effets qu’elle doit être associée systématiquement à de la psychothérapie. Il convient de tenir compte de l’ensemble du contexte dans lequel la technique est employée. Voici des exemples concrets.  

Exemple 1

Une travailleuse sociale non détentrice d’un permis de psychothérapie utilise l’EMT pour aider son client à mieux faire face à un arrêt de travail suscitant stress et craintes. Dans ce cas-ci, il ne s’agit ici pas d’un acte de psychothérapie. En effet, la professionnelle aide le client pour une situation ponctuelle, dans une perspective de gestion du stress. Cependant, si l’intervenante avait employé l’EMT dans le cadre d’un traitement ciblant le trouble d’anxiété généralisée du client, alors elle aurait posé un acte de psychothérapie.

Exemple 2

Une conseillère d’orientation applique l’EMT avec son client afin de réduire chez lui les appréhensions à l’égard d’une entrevue d’embauche imminente. Dans cet exemple, cette intervenante ne fait pas non plus de psychothérapie. Son intervention porte sur une situation ponctuelle et se veut une aide dans la gestion du stress. Passons à un autre exemple.

Exemple 3

Un travailleur social psychothérapeute a recours à l’EMT pour aider sa cliente à résoudre une phobie. Il s’agit ici d’un acte de psychothérapie. En effet, la technique est utilisée dans le cadre d’un traitement visant la résolution d’un trouble (phobie de vomir).

Exemple 4

Une sexologue utilise l’EMT pour aider son client dans la résolution d’un trouble de l’érection. Son intervention s’inscrit dans une démarche de psychothérapie, puisqu’elle vise le traitement d’un trouble. Cependant, si la professionnelle utilise l’EMT pour aider un client à maîtriser son stress et un sentiment de culpabilité à l’idée d’annoncer à sa conjointe son intention de rompre, alors elle ne pose pas d’acte de psychothérapie proprement dit.   


En conclusion

Ces exemples montrent qu’il ne suffit pas de se fier aux effets d’une technique d’intervention pour conclure à un acte de psychothérapie. L’objectif du professionnel ou de la professionnelle doit aussi être pris en considération. Bien souvent, comme on l’a vu, du moment où l’on vise le traitement d’un trouble, on se situe davantage du côté de la psychothérapie. En revanche, si l’on a pour objectif d’aider une cliente ou un client à faire face à des situations ponctuelles telles qu’un retour au travail, une chirurgie à venir, un examen, un exposé oral ou un accouchement, alors ce n’est pas de la psychothérapie. Plusieurs applications de l’EMT se retrouvent de ce côté.

 

Stéphane Migneault, M. Ps.
Psychologue, formateur, conférencier et auteur