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Exemple clinique 2: Marise et ses inquiétudes à l’égard de son fils de 26 ans

 

L’exemple clinique suivant montre comment l’EMT, une technique de plus en plus utilisée en thérapie brève, peut s’avérer utile et efficace en psychothérapie pour aider des parents qui s’inquiètent pour leurs enfants, petits ou grands…

Marise, une professionnelle de la santé, me consulta un jour parce qu’elle se sentait coupable par rapport à la situation de son fils de 26 ans : « Il passe beaucoup d’heures à jouer seul à des jeux vidéo. Il ne fait pas d’exercice physique. Il consomme de la marijuana. Il voit peu d’amis. » Comme elle travaillait dans le milieu de la santé, elle avait constaté, chez ses patients, les répercussions des mauvaises habitudes de vie. Elle exposa une autre source d’inquiétude. Son fils n’avait qu’un diplôme de secondaire 5 en poche. Elle craignait qu’il se retrouve un jour ou l’autre dans un emploi éreintant, peu satisfaisant et peu payant. Je proposai à ma cliente qu’on utilise l’EMT afin de réduire ses inquiétudes au sujet de son fils. Elle était d’accord pour qu’on essaie cette technique somme toute avant-gardiste à ses yeux.

 

L'EMT: en résumé?

L’EMT est une technique avant-gardiste dérivée de l'EMDR. Elle est utilisée pour aider les gens à mieux gérer des émotions liées à des situations présentes ou futures. Au cours de la séance, le thérapeute administre des stimulations bilatérales. De nos jours, on utilise surtout du tapping, c’est-à-dire des tapotements en alternance sur les genoux comme stimulations bilatérales par série de trois minutes chacune. Elle a été développée par Fred Friedberg, Ph.D., psychologue américain.

 

Cheminement de la cliente en une séance d'EMT

À la séance suivante, j’invitai ma cliente à me faire part de sa plus grande inquiétude par rapport à son fils. Sa réponse fut claire et nette : « J’ai peur qu’il brise sa santé à cause de ses mauvaises habitudes de vie ». Le problème cible pour la séance d’EMT fut formulé ainsi : « S’il fallait que mon fils brise sa santé à cause de ses mauvaises habitudes de vie. » Ce scénario négatif suscitait chez Marise une angoisse modérée qu’elle estimait à 5 sur une échelle de 0 à 10. Sur le plan physique, elle ressentait un serrement à la gorge et, à la poitrine, une pression qui pulsait.

Au cours de la 1re série de tapping bilatéral, des scénarios négatifs lui virent spontanément à l’esprit. Elle imagina son fils, dans le futur, aux prises avec les problèmes de santé qu’il pourrait développer : un cancer de la gorge, une hernie discale, de l’anémie et de l’ostéoporose. Elle se dit : « Oui, et puis?! » Elle sentit un calme s’installer dans sa poitrine. Son angoisse n’avait pas diminué quant à elle.

Au cours de la 2e série de tapping, elle se mit à penser à la possibilité que son fils se retrouve un jour avec des déficits cognitifs. Elle pensa aussi au risque qu’il se blesse au travail, puisqu’il doit soulever des charges. Des pensées rationnelles commencèrent toutefois à émerger : « Il a une bonne santé actuellement. Ça ne veut pas dire qu’il aura des problèmes de santé. Moi aussi j’ai déjà eu de mauvaises habitudes de vie et je suis malgré tout en assez bonne santé aujourd’hui. Et si jamais il se blesse au travail, il aura accès à des soins grâce à ses assurances collectives. » Un scénario étonnant et positif lui vint ensuite à l’esprit : son fils se levant du lit et se prenant en main. Physiquement, elle se sentait mieux à la poitrine et à la gorge. Son angoisse avait diminué (4/10).

Au cours de la 3e série, elle se mit à penser à la possibilité qu’il souffre un jour d’anémie. Tout de suite, elle prit conscience qu’il n’avait pas « une hérédité pour ça ». Elle pensa ensuite à la possibilité qu’il ait un cancer de la gorge à cause de sa consommation de marijuana. Puis elle se souvint de personnes qui n’avaient pas souffert du cancer, malgré leurs mauvaises habitudes de vie. Enfin, elle ressentit la peur qu’il souffre d’ostéoporose un jour en raison de sa sédentarité. Son angoisse initiale continuait de diminuer (3-4/10).

Au cours de la 4e série, elle ressentit quelques instants un léger mal de tête. Elle pensa à la sédentarité de son fils et au fait que cette mauvaise habitude peut causer une faible densité osseuse. Elle imagina même son fils en train de perdre ses dents. « Je n’ai jamais abordé ce sujet avec lui, se dit-elle. Je devrais lui en parler à un moment approprié. » Son angoisse s’atténua encore (3/10).

La 5e série permit de faire émerger d’autres informations. Elle se rappela qu’il avait l’air somme toute heureux et en assez bonne santé depuis plusieurs mois. Elle pensa ensuite aux personnes âgées en santé qui ont pu avoir de mauvaises habitudes de vie dans le passé. Elle pensa ensuite à son voisin qui ne s’en faisait pas outre mesure pour sa fille qui néglige, elle aussi, sa santé. Marise fut ensuite étonnée d’imaginer son fils dans dix ans, en santé comme d’autres personnes du même âge. Elle nota de la légèreté dans son corps. Son angoisse avait encore diminué.

Au cours de la 6e série, un autre scénario positif lui vint à l’esprit. Elle voyait son fils de bonne humeur, à bord de son véhicule de livraison. Elle l’imagina rentrer chez lui et profiter d’un repas acheté en chemin. La possibilité qu’il développe un cancer lui effleura à nouveau son esprit. Une pensée stoppa ce scénario : « Ce dossier-là, tu l’as classé il y a quelques minutes! Les fumeurs ne se retrouvent pas tous avec un cancer. » Son angoisse, estimait-elle, était à une intensité de 1-2/10.

Nous firent une dernière série de tapping en lien avec le problème cible. Ma cliente prit conscience que son fils ne fumait pas de la marijuana tous les jours et que sa consommation ne semblait  pas nuire à son rendement au travail. Elle se sentait physiquement bien. L’angoisse était passée à une intensité de 1 sur 10.

Je fis avec Marise un bilan de la séance d’EMT. Elle constata plusieurs changements en elle : « Je me sens plus légère maintenant. J’ai pu régler des questionnements. Chose surprenante, j’ai eu de belles images associées à mon fils : lui de bonne humeur, en santé, occupant un travail qu’il aime dans les faits. » La cliente repartit avec le sentiment que ses prochaines interactions avec son fils seraient davantage plaisantes, puisqu’elle était maintenant plus dégagée émotionnellement.

Je revis Marise deux semaines plus tard. Elle rapporta ne pas s’être tracassée au sujet de la santé de son fils. Elle avait revu son fils à l’occasion d’un souper et s’était sentie bien et décontractée. Wow!

Le problème cible de la précédente séance étant bien résolu, nous pûmes alors nous attaquer à une autre préoccupation de ma cliente… avec l’EMT!


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